
Né dans la chaleur,
formé dans la pluie.
Le parcours d'un artiste plasticien de l'upcycling moderne : créer de nouveaux objets à partir de matières déjà présentes.
Une enfance entre deux îles. Un détour par la technique. Un retour, lent, vers la matière. Voici les lieux et les rencontres qui ont fait ma main.
Naître dans la chaleur.
Mère haïtienne, père breton. Je nais aux Antilles, dans une culture bouillonnante de vie : soleil dur, couleurs vives, famille nombreuse et riche en rêves.
De ces premières années, je garde une grammaire — la simplicité des gestes, l'évidence du beau quand il vient directement de la matière.


Grandir dans la pierre.
On s'installe en Bretagne, à Gourin, capitale des Montagnes Noires. La campagne, l'humidité, les écoles de village. Et cette expérience têtue qu'on ne fait pas toujours bon accueil à ce qui vient d'ailleurs — on rejette les autres un peu comme on rejette les déchets.
Je trouve refuge dans les formes nues du paysage : la patience des roches plates, les rivières qui n'expliquent rien. Une lecture du monde proche de celle que Baptiste Morizot décrit dans Sur la piste animale.
À la maison, je démonte tout — jouets mécaniques, manettes, vieilles consoles. La technique et le dessin entrent dans mes mains par ce geste : ouvrir, comprendre, remettre autrement.

Trouver la beauté
dans ce qu'on rejette.
Apprendre la mer.
Le lycée à Lorient. La technique devient un langage que je parle couramment. Et la mer — celles des côtes morbihannaises, granitiques, têtues — entre dans le vocabulaire pour ne plus en sortir.


Le doute, et une éolienne.
Conception 3D, mécanique, développement logiciel : j'apprends vite et j'aime ça. Mais je ne me reconnais pas dans la promesse de l'ingénieur qui résout tout par la technique.
Les nuits étudiantes, les cultures alternatives, me font croiser les Beaux-Arts. Je rencontre Julie Agnès, aujourd'hui artiste potière — une porte entrouverte sur un autre monde.
En fin de cursus, un projet d'éolienne conteneurisée : une machine déployable en urgence sur un territoire frappé par une catastrophe. Les récits familiaux du séisme de 2010 en Ayiti reviennent. Je m'y plonge entièrement. Sans le savoir, je viens de poser la colonne vertébrale de tout ce qui suivra.

Passer de la technique au sensible.
Encadré par Xavier Moulin, Julien Masson et Morwena Novion, je traverse l'effort d'adaptation le plus dense de ma vie : asservir la technique à des questions qui n'ont pas de réponse mécanique — physiques, mais aussi relationnelles, émotionnelles, politiques.
Low-tech, expérimentations avec Clément Chabot du Low-tech Lab autour d'une rosalie électrique encore embryonnaire ; mes propres modèles d'éolienne low-tech inspirés du Rikimbili cubain. Petit à petit, je m'ouvre aux problématiques de mon contexte — climat, ressources, justice.


Deux vies, une intention.
Pour rembourser un prêt étudiant, je suis ingénieur en simulation aéronautique. Ce temps salarié laisse à la pratique le droit de respirer — d'en extraire l'essence, de préciser l'intention.
Je partage désormais mon temps entre ingénierie et création — design, pièces uniques, œuvres plastiques. Deux versants d'un même chemin.
Repères
- Nom
- Henry Bacon — Artiste plasticien et designer d'objets d'upcycling
- Né à
- Saint-Martin, Antilles françaises
- Formé à
- Gourin (Montagnes Noires) · Lorient · Rennes
- Atelier
- Rennes, Bretagne, France
- Contact
- henrybacon.design@gmail.com
- Rayon d'intervention
- Rennes · Bretagne · France